Archives de Catégorie: Culture et pensées

Ils sont partout…

…du moins sur Internet ! Si tu tapes Illuminatis sur Youtube, tu as plus de 18000 résultats ! Difficile de passer à côté de ces vidéos qui dénoncent, image à l’appui, ces sociétés secrètes qui agissent dans l’ombre et « contrôlent le monde ». Depuis les attentats du 11 Septembre 2001, les théories du complot fleurissent sur la toile, proposant des explications simples et logiques d’évènements souvent complexes et dramatiques. Mais que dit la Bible de tout cela ? Est-ce bien pour un chrétien de s’y intéresser ? C’est ce que nous allons voir.

Lire l’article sur le site de TaJeunesse…

5 coups de cœur de TGC13

Comme je ne vais pas tous les quatre matins aux États-Unis et encore moins à un évènement de cette envergure, j’en profite pour capitaliser sur mon récent voyage aux conférences nationales de la Gospel Coalition à Orlando. Après l’entretien avec le rappeur Shai Linne qui donnait cinq conseils aux jeunes rappeurs chrétiens, je propose aujourd’hui de présenter quelques personnes ou organisations que j’ai pu croiser et dont j’ai aimé le travail.

Keith & Kristyn Getty

La louange était un des points forts de la conférence. Imaginez quelques six mille personnes, des hommes pour la plupart, chanter ensemble des cantiques. Cela à quelque chose de puissant. Mais les Getty y étaient aussi pour beaucoup. D’eux, vous devez au moins connaitre le chant In Christ Alone (En Jésus seul en français). Avec une violoniste et un flutiste de talent (entre autres), ils ont mené la louange en nous faisant chanter des hymnes qu’ils ont composé, mais aussi des anciens qu’ils ont revisité. Un groupe à découvrir !

Storyframes

storyframesImpossible de louper l’Airstream de Storyframes posé en plein milieu de la salle ! Issu d’une collaboration entre TGC et Austin Stone Church dont le but est de célébrer le travail extraordinaire de Dieu à travers la vie de gens ordinaires. Comment ? En racontant des histoires, mais pas n’importe lesquelles. L’Histoire, celle de ce que Dieu a fait dans le monde par Jésus-Christ, l’Évangile et notre histoire, ce que Dieu a changé dans nos vies, notre témoignage. Allez vite jeter un coup d’œil à leurs productions.

Joshua Wann de Scouts Honor Media

joshQuand je me suis arrêté au stand de Lamp Mode Records devant lequel j’ai interviewé Shai Linne, j’ai pu parler avec Josh, un des artistes de Scouts Honor Media. C’est eux qui ont fait la pochette de Lyrical Theology. Josh et Adam ne travaillent ensemble que depuis l’été 2012, mais déjà leur portfolio est bien rempli ! Illustration, photo, vidéo, ces deux-là semblent maitriser de nombreux domaines. C’est beau de voir la qualité et la créativité au service du Seigneur et de voir les artistes (ici musique et visuel) collaborer pour proposer des projets aboutis, de A à Z.

9 Marks

Capture d’écran 2013-04-24 à 01.16.15Le ministère de 9 Marks est d’équiper les leaders des églises locales avec une doctrine biblique solide et des enjeux pratiques. Selon eux, 9 marques caractérisent une église en bonne santé : Une prédication christo-centrique, une théologie biblique solide, l’Évangile, la conversion, l’évangélisation, être membre d’une église locale, la discipline, le discipulat et le leadership. Chacune de ces 9 marques est expliquée par une petite vidéo, courte et claire.

 

Church Plant Media

Capture d’écran 2013-04-24 à 10.00.15

Au début, j’étais allé voir les gars de Church Plant Media parce que je n’aimais pas trop l’idée de faire appel à quelqu’un d’extérieur à l’église pour faire un site internet. Mais Dustin et Matt m’ont expliqué le projet, que j’ai beaucoup aimé. Le point fort de CPM ? Leur grande connaissance des églises et de leurs besoins, leur super CMS taillé sur mesure, des super designs, une assistance très réactive et surtout un amour pour l’Évangile et pour l’Église. C’est eux qui ont été chargé de mettre en place les réseaux locaux de la TGC aux États-Unis (à venir) ou encore le site de l’église UPC à Orlando.

Voilà, beaucoup d’exemples dans le domaine de la création. Pour deux raisons : parce que j’y suis sensible et parce qu’il y a, en même temps qu’un manque, un besoin d’encourager les initiatives artistiques et créatives dans nos églises. C’est, je pense, un défi pour l’église d’aujourd’hui et de demain – comme ce le fut pour celle d’hier, d’articuler une réflexion autour de l’art dans l’église. Voilà quelques exemples de personnes qui m’ont encouragé dans ce sens à TGC13.

5 conseils de Shai Linne pour les rappeurs chrétiens

La semaine dernière, j’étais aux conférences nationales de la Gospel Coalition et j’ai croisé le rappeur Shai Linne qui venait présenter son nouvel album. J’en ai profité pour lui poser quelques questions :

Et voilà la traduction :

MG : Premièrement, peux-tu te présenter aux français ?

SL : Grâce et paix, je m’appelle Shai Linne et j’aime Jésus, j’aime répandre son nom par le hip-hop, je suis sur le label "Lamp Mode Recording", et je viens juste de sortir un nouvel album intitulé "Lyrical Theology Part. 1"

MG : Je voulais te demander si tu avais cinq principes, cinq conseils que tu pourrais donner à de jeunes rappeurs chrétiens ?

SL : Oui, mon premier conseil serait : Assure-toi d’être chrétien ! Assure-toi que tu t’es repenti de tes péchés et que tu as placé ta foi dans le Seigneur Jésus-Christ pour ton Salut, ce serait mon premier conseil.

Deuxièmement, assure-toi d’être attaché à une église locale, que tu es entouré d’une communauté de croyants qui adorent le Seigneur ensemble.

Troisièmement, assure-toi d’être redevable, que tu peux rendre des comptes sur ta vie autant que sur ce que tu dis au micro.

Une autre chose que je conseillerais est : Travaille ton art; tout ce que tu fais, fais-le avec excellence pour la Gloire de Dieu,

Et dernièrement, assure-toi de vivre une vie de disciple. Au micro et hors micro.

MG : Peux-tu nous parler de tes futurs projets ?

SL : Comme j’ai dit, un nouvel album "Lyrical Theology" est sorti aujourd’hui et je travaille également sur deux autres projets qui vont accompagner celui-là; c’est le premier d’une série : Theology, Doxologie et Sociologie. On est en train de travailler sur "Doxologie" en ce moment et on aimerait sortir les deux avant la fin d’année.

MG : Dernière question : Pourquoi c’est si important pour toi d’attacher la théologie à ton rap, d’avoir une théologie solide dans tes lyrics ?

SL : C’est important parce que Dieu a créé toutes choses et son but c’est que toutes les cultures, tout le monde reflètent la Gloire de Dieu par Jésus et donc c’est juste un moyen de prendre une forme culturelle particulière et d’y injecter la Vérité de Dieu pour que ceux pour qui cette forme culturelle résonnent puissent entendre la Vérité, croire en Christ et glorifier Dieu.

MG : Amen ! Merci mec !

SL : J’ten prie, cool de t’avoir rencontré.

Loin de n’être valable que pour les rappeurs, ces cinq conseils foi, église, redevabilité, excellence et vie de disciple peuvent servir de base pour tous les artistes chrétiens. Ce que j’aime avec Shai Linne, outre son talent, c’est son humilité, son amour pour Jésus, l’Église et la théologie. Il dit ce qu’il vit et vit ce qu’il dit.

Pour aller plus loin :

  • [ENG] Acheter Lyrical Theology Part 1 sur Itunes et si vous voulez les paroles, c’est par ici.
  • [ENG] Le blog de Shai Linne où il aborde des questions relatives au hip-hop, à la culture et à la théologie en général.
  • [ENG] Une des chansons de l’album, Fal$e Teacher$ qui dénonce certains représentants de l’évangile de la prospérité, a fait l’objet de polémiques depuis sa sortie. Bradley Knight, le fils et représentant de Paula White, l’une des faux docteurs cités dans la morceau, a réagi dans une lettre ouverte. Avant-hier, Shai Linne a répondu lui aussi dans une lettre ouverte où il explique en détail pourquoi il l’a citée et les enseignements erronés qu’elle propage. Sur son blog, Thabiti Anyabwilede la Gospel Coalition, dit pourquoi il soutient ce morceau.

PS : Il est interdit de se moquer de mon accent ;)

IN-TEN-TIO-NNEL !

intention

On entend beaucoup ce mot en ce moment. Mais qu’est-ce que ça veut dire « être intentionnel » ? Et surtout, comment ça se manifeste ? Quel intérêt ? Dans cet article, je vais essayer d’articuler quelques réflexions théoriques, pratiques et théologiques autour de l’intentionnalité.

Définition

Être intentionnel, c’est mettre l’accent sur l’intention dans ce que nous faisons. Dès lors, nos actions ou nos paroles sont motivées par une intention ; ce n’est plus le fruit d’un réflexe ou d’une réaction, mais bien le résultat d’une volonté. Ça peut paraître surprenant de mettre autant l’accent sur l’aspect volitif, mais pas tellement quand on considère nos comportements, quelque soit le domaine.

Le temps

On n’a pas le temps. On n’a plus le temps. Dans tous les cas, on court après le temps, qui manque. La vérité, c’est que le temps ne manque pas, nos journées sont aussi longues – ou courtes – qu’il y a dix ans ou cent ans. J’entends et je dis souvent que je n’ai pas le temps, en essayant de faire toujours plus avec des journées qui font toujours vingt-quatre heures. Quel rapport avec le fait d’être intentionnel ? Ne pas avoir le temps équivaut souvent à ne pas le prendre. Alors plus que de prendre du temps, il faut prévoir de prendre du temps. Être intentionnel dans sa gestion du temps ce n’est pas que vouloir le gérer mais mettre en place des mesures concrètes pour le gérer.

Les relations

Dans un récent article sur les relations amoureuses, le point numéro un était celui de l’intentionnalité. Être intentionnel dans une relation, c’est être clair sur ce que l’on veut, ce que l’on ressent et ce que l’on communique. Dans l’article, l’auteur donne quelques exemples concrets. Dans quoi je m’engage ? Mes intentions sont-elles claires ? Est-ce que je sais ce que je veux ? Est-ce que l’autre connaît la nature de mes sentiments ? sont autant de questions qui peuvent nous aider à être intentionnel dans nos relations.

L’évangélisation

Dans les quatre points à travailler pour développer l’évangélisation, J.D. Greear a placé l’intentionnalité en premier. C’est un caractère crucial de l’évangélisation. Pour lui, l’évangélisation n’arrive pas par hasard, c’est une habitude qu’il faut cultiver. Être intentionnel par rapport à l’évangélisation, c’est mettre en œuvre une approche consciente. On va mettre en place des moyens pour parler aux gens, un peu comme dans cet article de Tim Chester sur six moyens d’être missionel.

En ligne

La première question que l’on peut se poser rejoint la question du temps. Combien de temps est-ce que je passe en ligne ? Et surtout, comment j’occupe ce temps en ligne ? Beaucoup reconnaissent passer trop de temps sur Internet, c’est bien, mais être intentionnel serait d’identifier le temps inutile et y remédier. Quel temps je passe sur Facebook ? Et si j’en passe trop, je pourrais utiliser un add-on comme Leechblock (ou Nanny pour Chrome) par exemple. Si je suis distrait par la possibilité d’aller sur l’Internet, je le bloque avec Freedom. Des fois je regrette d’avoir perdu du temps sur des sites inutiles, alors que j’aurais pu lire un article ou avancer un des dix milles livres qui m’attendent. Notre comportement aussi trahit notre intentionnalité – ou pas. J’en ai parlé dans mon article précédent, être intentionnel passe aussi par ce que nous partageons – ou pas. La bêtise que je partage aujourd’hui sera au même niveau que le verset que je partagerai demain.

Faire le bilan

Faire des bilans m’aide à questionner mon comportement et mes usages. Souvent, c’est en me posant des questions et en confrontant mes pratiques à celles de mes frères que j’arrive à voir quand je m’écarte de mes objectifs. Ne pas être intentionnel, c’est courir le risque de me laisser conduire par mes envies, mes pensées et mes motivations. Être intentionnel au contraire, c’est penser mon comportement à la lumière de la Bible. Même les bilans procèdent d’une démarche intentionnelle. Je sais que de moi-même, les bilans ne sont pas naturels. J’ai plutôt tendance à me laisser vivre et à pas bouger tant que ça marche. Par exemple pour faire un bilan du temps que je passe devant mon ordinateur, j’ai récemment installé Rescue Time, un logiciel qui me permet de le faire.

Les limites de l’intentionnalité

Être intentionnel c’est bien, s’en remettre totalement à Dieu, c’est mieux. Même avec une intentionnalité aigüe, nous avons des limites. Reconnaissons avant tout que nous dépendons de Dieu, en toutes choses. C’est bien d’être intentionnel, mais il ne faudrait pas que cela nous fasse oublier ni nos limites, ni Dieu qui n’en a pas. Même avec les meilleures intentions, il arrivera que nous fassions mal et c’est là où il ne faut pas oublier la grâce de Dieu. Un autre danger serait aussi de penser que nous pouvons tout gérer, qu’il nous suffit d’un minimum d’organisation et de volonté. Si être intentionnel peut être une bonne chose, que cela ne nous éloigne pas de l’obéissance à Dieu.

Tout Pour Sa Gloire

Ce que je fais, quelque soit le domaine, honore t-il Dieu ? Est-ce que j’ai besoin de faire ça ? Pourquoi je le fais ? En me posant régulièrement ces questions, j’essaie de discerner ce qui m’est utile de ce qui ne l’est pas ; ce qui honore Dieu de ce qui le déshonore.

On connaît bien le verset : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » (1 Co 10.31). L’enjeu est de taille. Tout ce qu’on fait doit concourir à glorifier Dieu. Ce verset permet de replacer pas mal de choses en perspective. La question de l’intentionnalité doit être motivée par cette envie de tout faire pour la gloire de Dieu. Au fond, être intentionnel pour nous chrétiens, c’est d’abord rechercher activement la gloire de Dieu.

Et toi, dans quel domaine dois-tu être plus intentionnel ?

Je partage donc je suis ?

Le problème avec les citations sur Internet, c’est qu’il est difficile de déterminer si elles sont authentiques ou non.

— Abraham Lincoln

Nous partageons ou publions des informations, pas tant parce qu’elles nous paraissent légitimes, mais parce qu’on nous incite à le faire. Quelques fois, nous publions ou relayons des infos parce qu’elles nous paraissent utiles et/ou importantes. Parfois, nous les partageons parce qu’elles revêtent un caractère d’urgence. Mais rarement nous les vérifions.

Depuis une semaine circule sur Facebook une photo montrant la pendaison d’un homme, la légende expliquant qu’il s’agit de l’exécution du pasteur Youcef Nadarkhani. Youcef est un pasteur qui a été enfermé pour sa foi chrétienne et qui, après des mois de détention, avait fini par être libéré en septembre 2012. L’année dernière, nous avions prié pour lui et sa famille et nous avions suivi avec intérêt les rebondissements de cette triste affaire. Cette photo m’a donc interpellé. Cet homme libéré il y a quelques mois venait-il de mourir ?

Je suis assez sceptique en général, particulièrement en ce qui concerne ce que les gens publient ou relaient sur Internet, notamment sur Facebook. Dans ce cas, plusieurs choses me troublaient. D’abord l’information est apparue sur Facebook avant que les institutions et les médias chrétiens, d’habitude impliqués, en parlent. Ensuite, l’homme sur la photo ne ressemble pas à Youcef, dont la photo a été largement diffusée. Donc j’ai vérifié. En fait j’ai fait ce que tout le monde devrait faire avant de relayer ou de publier une info. En fin de compte, l’information s’est révélée être un hoax, un canular. Ce n’est pas la première fois que des rumeurs annonçant la mort de Youcef apparaissent. La dernière fois aussi, l’info était accompagnée d’une photographie que l’on avait associée avec l’exécution présumée de Youcef. Cette fois, je suis d’abord tombé sur un article du Christian Post qui dément cette rumeur, puis sur un communiqué du site ACLJ, source habituelle des infos concernant Youcef.

Vérifier nos sources

Pas besoin d’être un expert pour débusquer les canulars. Une simple recherche sur google suffit. La source de l’information est aussi un bon indice. L’information est-elle relayée par un organe médiatique digne de confiance ? Présente-t elle une explication simpliste à un problème complexe ? sont les premières questions que l’on peut se poser. Après, même les journaux ne sont pas à l’abri d’avoir relayé une info sans l’avoir vérifiée – les exemples ne manquent pas – surtout ces derniers temps où la course est à celui qui "informera" le premier. Quand même, croiser les sources et faire valider l’info par une source d’autorité est un bon réflexe. Aussi, signalons  Hoaxbuster (chasseurs de canulars) qui est un bon moyen de filtrer les infos, surtout si elles circulent sur les réseaux sociaux.

Le canular, vieux comme le mensonge

Le canular n’est pas apparu avec Facebook, ni avec les emails, ni avec l’Internet. Mais compte tenu du développement de ces outils et de leurs usages, on comprend aisément que les canulars aient trouvé là un terrain propice à leur développement. Le canular informatique est apparu en même temps que la possibilité de communiquer de manière informatique et s’est développé proportionnellement au développement des outils de communication. D’abord avec les emails, ensuite avec Facebook ou Twitter. Pascal Froissart, chercheur à Paris VIII étudie la rumeur depuis des années. Il y a déjà plus de dix ans, il avait écrit un article sur les "images rumorales", à lire pour aller plus loin.

Du discernement

Aujourd’hui, c’est une photo d’une femme récemment disparue qui est apparue sur le fil d’actualités d’un ami, alors que je commençais à rédiger cet article. Un clic sur la photo dévoile les informations et un lien vers Le Dauphiné, un journal de l’Est de la France. L’information, cette fois, est – malheureusement – vraie. Le discernement permet de trancher, de séparer. Dans les informations que nous publions, le discernement intervient à plusieurs niveaux : Premièrement, l’information est-elle avérée ? Deuxièmement, l’information vaut-elle que je la partage ? En somme, est-ce que l’information est vraie et est-ce que cela vaut la peine que je la partage ? On peut même se demander si l’information va édifier ceux à qui je la partage.

Avec la fonction partage, que ce soit sur Facebook ou sur les Tumblr, l’information se relaye en un clic. Une espèce de ricochet qui permet à l’information d’être relayée en un temps record, de manière exponentielle. Ce qui permet à des dispositifs comme "Alerte Enlèvement" d’élargir son champ d’action et son efficacité. Le discernement doit alors être une étape entre la lecture de l’information et le partage, agissant comme un filtre. Je pense que la plupart des infos que nous relayons ou partageons ne vaut pas la peine d’être partagée, soit parce qu’elles sont fausses, soit parce qu’elles n’édifient pas – souvent le contraire. Le discernement doit nous permettre de séparer l’info qui va s’arrêter devant nous de celle que je vais relancer, comme par ricochet.

De la vérité

Tim Challies, dans son livre The Next Story, explique que nous sommes passés d’un paradigme de la vérité garantie par l’expertise de ceux qui rédigeait les sources de la connaissance – dictionnaires, encyclopédies – à un nouveau paradigme où la vérité est établie par consensus. Maintenant, l’info n’est pas vraie parce que celui qui parle a une légitimité, mais parce que plusieurs s’accordent sur une même chose. On est passé d’une vérité établie par un tiers, expert, à une vérité établie par la masse, de manière presque démocratique. Attention, je ne dis pas que le modèle wiki n’est pas bon, mais juste que nous pouvons – devrions ? – remettre en question ce qui fonde ce que nous tenons pour vrai. J’irais plus loin, aujourd’hui, une info est vraie – inconsciemment – parce qu’elle est largement partagée. On relaie parce que les autres relaient, sans qu’on ait pris le temps de vérifier l’info, comme par réflexe.

Pour nous, c’est Dieu La source de La vérité. Et nous ne devrions pas sous-estimer notre responsabilité dans ce que nous disons ou partageons sur le net. Ce que nous partageons nous engage, au même titre qu’IRL. Il est normal qu’on attende de nous, en tant que chrétien, que ce que nous disions ne soit pas faux, parce que ce que nous disons doit refléter la vérité de Dieu. Je reprends ce que dit Challies : "La vérité n’est pas ce qui est pertinent ou ce qui est populaire, mais ce que Dieu pense" (The next story, p. 174).

Je pense que nous prenons rarement le temps de questionner nos usages et nos comportements en ligne. Cette question du partage ou de la publication d’informations n’est qu’une partie de ce qui caractérise la manière dont nous nous comportons et le rôle que nous avons dans les réseaux, plus spécifiquement dans les réseaux sociaux. Comme pour tout le reste de notre vie, passons notre activité sur l’Internet au crible de la Parole, source de la vérité et norme pour notre vie chrétienne. La Bible a beaucoup à dire sur notre manière de vivre, même en ce qui concerne nos usages des technologies. Prenons le temps de nous poser les bonnes questions et d’essayer de révéler les principes qui régissent nos comportements, qui souvent se conforment à une manière de faire, sans que nous nous posions trop de questions. Prenons ce qui est bon, rejetons ce qui est mauvais !

PS : Citez vos sources ;)

Pour aller plus loin :

  • [FR] On peut retrouver quelques bons conseils dans "Les dix commandements du blogueur chrétien"
  • [ENG] Concernant une réflexion sur nos usages de la technologie, je vous conseille vivement le livre de Tim Challies, The Next Story, cité dans l’article (dispo sur Amazon US et FR). Une recension sur ce blog est prévue pour bientôt.
  • [ENG] Je vous conseille aussi le blog de Challies, source de réflexions pratiques, théoriques et théologiques sur les nouvelles technologies. En particulier ce récent article qui explique comment faire un check-up de notre activité sur Facebook. [FR] Article repris en français ici.

MA : Marie pour la relecture et les liens.

Le cœur, cible de la prédication

heart

L’emploi de références culturelles est fréquent dans les prédications de Tim Keller. On pourrait être tenté de reproduire cette pratique, sans en comprendre les principes sous-jacent. Dans cet article, j’ai repris les arguments de Tim Keller qui expliquent les raisons qui le motivent à employer ces références culturelles.

Keller propose l’idée que les sermons devraient avoir trois aspects. Premièrement, le texte doit être prêché dans son contexte biblique, deuxièmement, la prédication doit annoncer Christ et l’Évangile et enfin, la prédication doit toucher le cœur. Il le dira en d’autres termes : on devrait prêcher la vérité et pas nos opinions, on devrait prêcher la bonne nouvelle et pas seulement des conseils et on devrait prêcher pour que la vérité touche le cœur et pas seulement l’intelligence. Le premier aspect est ce qu’on appelle la prédication textuelle, le deuxième est la prédication dite christo-centrique et le troisième aspect est généralement ce qu’on désigne comme "l’application".

Keller pose ensuite la question : Où, dans ce schéma, intervient la culture ? La plupart dirait que ça ne rentre pas dans ce schéma en trois points et seraient tentés d’ajouter une quatrième catégorie. Mais le problème, dit Keller, est que cela pourrait suggérer que les références culturelles sont là pour donner du crédit au prédicateur, et ce serait une erreur. Donner des références dans ce but tenterait le prédicateur d’étaler sa connaissance ou de montrer qu’il est à la page. Et ce n’est pas ce que Keller veut faire.

En fait, les références culturelles font pour Keller partie de son effort de toucher le cœur. Il conçoit qu’on pourrait lui répondre que les références à Nietzsche ou de Kooning (artiste) sont intellectuelles et touchent plutôt l’intelligence que le cœur. Keller de répondre : pas exactement. Il va ensuite redéfinir ce qu’est "le cœur". D’un point de vue biblique, le cœur n’est pas principalement nos émotions mais plutôt le siège de nos valeurs et de nos croyances, par conséquent, le centre de contrôle de notre vie entière. Prêcher en touchant les cœurs revient donc à toucher directement ce qui dirige la vie des gens, leurs désirs, leurs pensées, leurs émotions et l’action.

De toutes les définitions de la culture, Keller préfère celle qui décrit la culture comme "un cœur collectif". C’est un ensemble de valeurs clés partagées par une communauté. Le public de Keller, qu’il soit chrétien ou non, vit dans Manhattan et sa culture cosmopolite, séculière et post-moderne. Keller explique que c’est ce contexte qui est la source de leurs aspirations, de leurs peurs et de leurs conflits intérieurs.

Alors, les références culturelles sont un moyen simple d’entrer dans le monde de ceux qui l’écoutent, en dévoilant ce qui dessine leur quotidien, au travail, dans leur vie de famille, et leur relation au sexe, à l’argent ou au pouvoir. Keller cherche à mettre en lumière les fondations de la culture de leur ville pour aider les gens à mieux comprendre qui ils sont et à imaginer ce que veut dire être chrétien dans ce contexte.

Keller conclut en disant qu’imiter un prédicateur qui fait des références culturelles serait une erreur. Ce qui peut être utile et toucher les cœurs dans une partie du monde aura pour effet de passer pour un effet de style ailleurs, où les gens pourraient se dire : "Ce qu’il est intelligent !". Si c’est ce que les gens vous disent, ou pire ce que vous aimeriez entendre, vous devez changer des choses, nous dit-il. Le principe universel se trouve dans Actes 2.37 :

Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres: Hommes frères, que ferons-nous ?

La prédication doit toucher les cœurs. Les moyens et les méthodes pour y arriver vont varier selon la culture dans laquelle vous prêchez. Il faut chercher ce qui est pertinent pour toucher les cœurs et ne pas oublier que les références que nous employons doivent être au service de la prédication. Elles ne doivent pas être rajoutées par-dessus la prédication, mais doivent servir comme moyen de toucher les cœurs. Les références culturelles doivent nous servir à frayer un chemin à la Parole, pour toucher directement le cœur de l’assemblée.

Pour aller plus loin : Plus d’articles sur la prédication.