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Les intégristes de France, plus catholiques que le pape !

On se souvient du tollé suscité par Immersion Pisschrist en avril dernier.

Rebelotte cet automne avec la pièce de théâtre de Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu.

Pour faire vite, le problème c’est de l’encre de Chine sur le visage du Christ et les mots "you are my sheperd" suivis de "you are not my shepert". Et oui, c’est cela qui mobilise depuis quelques jours les catholiques intégristes. Ca serait "blasphématoire".

Ces derniers (en photo ci-dessous), rejoints par quelques islamistes radicaux (!), se sont notamment retrouvés dimanche devant le Théâtre de la Ville. Le Figaro précise que "ce spectacle a été donné dans toute l’Europe sans incident. A Rome, la saison dernière, il s’est donné dans le calme" (d’où mon titre…).

Deux ou trois choses qui ont retenu mon attention dans les articles à ce sujet :

- "La France est chrétienne et doit le rester" : le slogan des manifestants devant la statue de Jeanne d’Arc. Ce qui discrédite beaucoup ce mouvement à mes yeux, c’est l’association Français = chrétien (comprendre catholique!). Bref, la foi : un truc qui se transmet dans les bonnes familles françaises au sein desquelles on naît chrétien. Une évidence ! Ce n’est pas vraiment de la sorte que Celui qu’elles prétendent défendre voyait les choses…

- "C’est dans la vocation du christianisme d’endurer cela intelligemment. Le malheur, actuellement, est que les chrétiens sont profondément désarmés, moralement et intellectuellement." Cet extrait de l’interview de François Boespflug au sujet de la "christianophobie" est à méditer. Je ne sais pas si l’intention est vraiment "christianophobe" ici mais d’une façon plus générale la remarque est pertinente. Comment nous chrétiens nous pouvons répondre de façon intelligente aux attaques qui nous sont portées ? Jeter des oeufs aux spectateurs de la pièce, vraiment ?

- Romeo Castellucci touche à quelque chose de fondamental à sa façon ("La foi est à mille lieues de l’idéologie") : "le spectacle devient peu à peu une métaphore de la perte de substance, de la perte de soi, qui est à mettre en parallèle avec la condition du Christ, qui a accepté de se vider de sa substance divine pour intégrer la condition humaine jusqu’au bout – y compris la merde…".

La suite du feuilleton au mois de décembre avec Golgota Picnic ? A suivre…

TEMOIGNAGE Comment j’ai été conduite de l’incroyance à la foi

J’ai mis du temps à me décider d’écrire cet article. Je n’ai pas envie de tomber dans le style « journal intime » avec le blog ! Je profite de mon "anniversaire de conversion" pour le faire. J’espère juste que ces quelques lignes pourront rendre gloire à Dieu, à la façon dont Il est intervenu dans ma vie.

J’aime bien parler d’une  série de rencontres. Des rencontres littéraires d’abord, puis des rencontres réelles et enfin, l’ultime rencontre, avec le Christ. Je m’explique : Dieu a fait preuve d’une très grande délicatesse envers moi (je ne m’en rends compte qu’avec le recul). Il m’a d’abord rejoint dans mes préoccupations de l’époque : les lettres. Ca a vraiment commencé avec un sermon sur la mort du prédicateur Bossuet (pour autant que je m’en souvienne). J’ai été travaillée par les rappels de la vanité de notre existence, c’était très proche de ce que l’on trouve dans l’Ecclésiaste. Puis tout s’est enchaîné. Je ne vais pas transformer ce témoignage en cours de français mais il faut quand même que je dise un mot de Pascal ! Quand j’ai découvert sa vision de la nature misérable de l’homme, j’y ai totalement adhéré. Mais pour lui cette nature pitoyable était le fruit du péché originel. Là-dessus, j’étais beaucoup plus sceptique. Je passe sur les autres rencontres fictives…

Ensuite, je l’ai dit, il y a eu des rencontre réelles. Là encore, Dieu était présent, mais je n’en avais pas conscience. C’est fou comme des choix apparemment tout bêtes peuvent avoir des répercussions dans notre vie. Si je n’avais pas décidé de ne pas déjeuner à la cafétéria du lycée peut-être que je ne serais pas en train d’écrire en ce moment ! En effet, une autre lycéenne prenait aussi un repas de chez elle et je la voyais souvent dans les couloirs. Je lui ai demandé si on pouvait se retrouver le midi. Et rien que ça, ce n’est pas rien (ce n’est pas mon genre d’aller voir une fille que je connais à peine pour passer du temps avec elle) ! Rappelez-vous : moi, j’aimais bien la compagnie de mes bouquins ! Cette amie (c’est devenu une amie) était chrétienne mais nous n’avons pas parlé de la foi dans les premiers temps. D’ailleurs, ça m’aurait peut-être irrité. Encore une fois, Dieu s’y est bien pris (c’est un peu familier comme façon de dire les choses, mais vous voyez l’idée, Dieu est parfait dans ses œuvres), nous avions beaucoup de points communs, ce n’était pas difficile de se lier. Un exemple, j’aimais les activités manuelles, ça a été facile pour moi de me rendre pour la première fois à l’église pour un atelier bougies. Il n’y a avait pas de prédication, juste un atelier bougies, mais ça m’a permis de voir qu’une église, ce n’était pas forcément comme je l’imaginais.

Sinon, au fur et à mesure de nos déjeuners, nous avons plus parlé de la foi (je crois que le cours de philo était un pont, nous avions le même prof). Elle lisait une Bible et les auteurs que j’étudiais (les fameuses rencontres fictives de plus haut) citaient abondamment la Bible. Je commençais donc à être frustrée et limitée de ne pas connaître la Bible. Elle m’en a offert une. Je m’entends encore dire à l’intérieur de moi-même : « bon ce truc, c’est bon pour les références culturelles et pour mieux comprendre la pensée philosophique de certains auteurs mais Parole de Dieu, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !». Puis, et là je ne sais plus vraiment comment ça s’est passé, petit à petit, j’ai commencé à me dire que ce petit bouquin, il avait peut-être plus de valeur que je ne le pensais.

Pascal parle de la misère de l’homme, mais aussi de sa grandeur.  L’homme est grand quand justement il a conscience de sa petitesse, de sa faiblesse. Et ça, ça résonnait en moi avec une parole de Jésus que je lisais et relisais : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »  En gros, si je comprenais bien, peut-être que je n’étais pas cantonnée toute ma vie à me dire que le monde était juste un truc rempli d’hommes ennuyés, incapables de tout Bien. Jésus innocent de tout péché avait été condamné à ma place pour que dans mon union avec lui je sois juste aux yeux de Dieu. Jésus était venu chercher tout ce qui était perdu. Ca me parlait…

Un soir, j’ai choisi d’accueillir ce don de Dieu en son Fils (je n’avais  jamais été foncièrement contre l’idée qu’il pourrait y avoir un Dieu Créateur, je n’étais pas ennuyée par le surnaturel depuis très jeune). Je me suis adressée à ce Jésus qui disait être venu pour les pécheurs puisque je me reconnaissais dans ce groupe. En fait, quand je parle de péché, j’entends surtout par-là une profonde conscience que ma nature était mauvaise, que j’étais dépravée par essence. Je ne pensais pas trop à des actes en particulier, je trouvais même que j’étais du genre fille sage.

Bref, avec le recul, je me rends compte qu’à ce moment-là j’avais surtout trouvé une réponse satisfaisante et cohérente à mes questions sur le sens de la vie. Je n’avais rien lu de plus pertinent que la Bible sur l’homme. Je m’étais repentie et c’était clair pour moi que c’était ce que j’avais à faire après avoir eu connaissance de l’Evangile. Mais j’avais aussi surtout adhéré à un système intellectuel qui répondait bien à mes questions (encore une fois, c’est avec le recul que je m’en rends compte).

Ce n’est qu’au bout des premières semaines qu’une relation s’est créée avec Dieu. En effet, avant je ne connaissais pas vraiment Dieu. J’avais été touchée par l’oeuvre de Christ mais je ne saisissais pas combien cela nous rapprochait du Créateur. Puis, j’ai commencé à mieux mesurer ce que cela voulait dire que Christ, c’était Dieu lui-même qui avait pris chair pour nous réconcilier avec lui. En lisant l’Ancien Testament, je comprenait mieux comment depuis toujours Il voulait cette alliance avec nous. J’ai passé du temps à observer Jésus (je veux dire ici lire les Evangiles comme si j’étais une observatrice des scènes). Et j’étais de plus en plus fascinée par le Christ, par l’homme radical que je découvrais. J’ai commencé à mieux me représenter qui était Dieu. Et plus je voyais qui était ce Dieu, plus je trouvais ça fou qu’Il veuille nouer une alliance avec nous, avec moi ! Et puis je suis allée de découvertes en découvertes, je vais encore de découvertes en découvertes d’ailleurs !

Je crois que ma prière est aussi révélatrice du chemin parcouru avec Dieu. Dans les premiers jours après ma conversion, j’avais beaucoup de mal à prier. Bien sûr j’étais reconnaissante, je disais merci à Dieu mais ensuite j’étais vite en manque de conversation (encore une fois c’est familier mais je trouve l’image parlante). J’avais tout ce qu’il me fallait. Je ne savais pas quoi demander ! C’est au fur et à mesure des jours que j’ai compris que la plus belle et la meilleure chose dont j’avais besoin et que je devais demander à Dieu, c’était de l’amour pour lui. Et croyez-moi, si vous demandez cela à Dieu, il vous le donne toujours. Dieu donne et fortifie la foi de ceux qui le lui demandent.

Souvent la question traditionnelle que l’on pose à ceux qui témoignent est : « Qu’est-ce qui a changé dans ta vie ? ». Je vais donc m’adonner à ce poncif ! En ce qui concerne mes activités, je crois que c’est toujours la même chose (je me lève le matin, je vais en cours, je mange, je travaille le soir, je lis, je vois des amis, je visite des expos… enfin la vie quoi). Mais je sais maintenant que toutes ces petites choses n’ont pas leur fin en elles. Je suis appelée à les réaliser d’une façon qui glorifie le Seigneur. Ensuite, dans les moments où ça ne va pas, je me rappelle que l’issue de chaque combat est certaine, c’est celle du Christ vainqueur de la mort en nous.

Surtout, je pense que l’accueil de Jésus dans mon existence m’a dépréoccupée de moi-même. J’avais un petit plan de vie très précis, je savais ce que je voulais et je n’aurais jamais accepté de ne pas le réaliser. Maintenant, je sais que j’ai été faite pour Dieu et que je n’ai pas à courir après quoique ce soit pour plus de bonheur (le bonheur, n’est-ce pas toujours le but de nos plans ?). J’ai vécu plein de belles choses dans ma vie avant de m’approcher de Dieu mais je peux vraiment dire que la vraie joie, celle qui dure, celle qui ne passe pas, c’est de donner la main à Jésus (même si la joie n’épargne pas la souffrance).

Je voudrais vraiment insister sur la présence de Dieu, sur la façon dont Il m’a cherché le premier. Je n’étais pas du tout déterminée par un quelconque contexte, familial ou autre, à me donner à Jésus.

PS/ Il y a plein d’autres penseurs qui m’ont aidée dans ma recherche de vérité et surtout plein d’autres personnes que celle citée… Mais je vous l’ai dit, je ne vais pas écrire un journal intime !

"Piss Christ", si choquant que ça ?

Vous devez déjà avoir vu cette photographie récemment.  C’est l’une de celles détruites à Avignon dimanche 17 avril (les faits en détails dans cet article du Monde).

Un crucifix baignant dans un bain de sang et d’urine est une « profanation ignoble du Christ » selon l’Institut Civitas. Le même institut appelait à la manifestation le samedi 16 avril avec pour slogan : « L’honneur du Christ nous y oblige ».

Je n’ai ni le temps ni le goût ce soir de me perdre dans des questions de liberté artistique (et ses limites), de mouvance catholique intégriste ou encore de modalités de financement d’expositions par des fonds publics…

Pourtant, en tant que disciple de Jésus-Christ, j’ai été interpellée ou plutôt surprise par cette affaire. Loin d’être béate devant une telle production artistique, je trouve tout de même la réaction des profanateurs disproportionnée. Franchement, l’ « honneur du Christ » (pour reprendre l’expression chère à Civitas) est bien plus souvent "profané", peut-être aussi beaucoup plus sournoisement. Pensons juste à tous les portraits d’un  Christ à l’eau de rose, faisant fi du sacrifice du Fils de Dieu, qui circulent dans les médias !

•RECORD La personne avec le plus de biographies

"Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pourrait contenir les livres qu’on écrirait."
Jean 21:25

Parfois, je doute des paroles de Jean. En effet, tout homme vit un certain nombre d’années et il est possible de tout raconter. Même s’il fallait écrire 300 livres, on pourrait probablement raconter les 30 années de Jésus. Mais Jean 21:25 dit bien plus que cela. Jean prédit qu’on n’aura jamais fini d’écrire des livres sur Jésus. Cette prophétie se réalise encore aujourd’hui puisque les livres sur Jésus paraissent régulièrement. Le dernier en date est celui de Max Gallo: Jésus, l’homme qui était Dieu (éditions XO).

Je serais bien tenté de le lire, dès que j’ai un instant. Mais j’ai beaucoup d’autres livres en attente. Entre autres, Comment Jésus est devenu Dieu. Car Myriam me l’a gentiment prêté. Si l’un de vous termine de lire Gallo avant que je commence, envoyez moi votre évaluation. Merci!

Je viens de découvrir cette vidéo de Max Gallo sur le plateau de Semaine Critique. OK, c’est des "intellos" Regardez au moins autour de la 9e minute.

•Aimer Jésus, mais pas en public!

C’est terminé! Je viens de finir mon épreuve de ce matin. 40 minutes pour présenter 2 ans de travail dans une maison d’édition évangélique. Ouf, on ne voit pas le temps passer!

Évidemment nous avons parlé d’Angoulême et de la Bible en manga. Un des examinateurs m’a demandé des précisions sur les différences entre Catholiques et Protestants. Ils ont feuilleté Manga•Le Messie et La Métamorphose avec intérêt.

Pourtant, c’était un équilibre périlleux. D’un côté, je devais présenter passionnément mon travail aux éditions BLF. D’un l’autre côté, je devais éviter toute phrase qui 1. pouvait être anti-catholique ou anti-protestante-libéraux (du genre "Ces nuls ont fait de la Bible un livre de mythes") ou 2. serait trop passionée, donnant l’impression que je cherchais à "convertir" mes examinateurs (du genre: "Car Jésus est venu sur la terre mourir pour mes fautes! Mais pas seulement les miennes… vous aussi vous pouvez être pardonnés aujourd’hui!). Les deux erreurs n’étaient pas recommandables… :)

N’empêche c’est vrai. C’était vraiment difficile. J’étais là à parler de Jésus et ce qui était essentiel de sa vie et je ne devais  pas rendre ça personnelle! J’aime Jésus.

On a gagné! Jésus est vivant!

Comme vous savez, je lis  le livre: La croix, une puissance oubliée. C’est d’actualité évidemment. Mais je n’ai pas réussi à finir le livre avant Pâques.

Pour célébrer Pâques, je vous cite le magnifique verset de Colossiens 2.15:

Jésus a dépouillé les principautés et les pouvoirs et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux par la croix.

Ne loupons pas la beauté de ce moment! Jésus est le roi victorieux qui parade en ville. Le défilé est immense, la foule est joyeuse et tout derrière, en bout de cortège on traine les ennemis vaincus. La croix, execution publique honteuse, est devenue la victoire glorieuse de Jésus sur "nos trois ennemis les plus redoutables: le péché, la mort et le diable."

Nos ennemis sont vaincus, Jésus a triomphé! Est-ce que cette vérité bouleverse votre vie?

Un geste d’Évangile : laver les pieds ! (Jn 13, 1-17)

Laver les pieds ! Les disciples manifestent incompréhension et refus. Trois années d’intimité n’auront visiblement pas suffi à connaître le Maître. Jésus sait qu’il s’achemine vers l’arrestation et le procès dont l’issue sera la mort en croix (Jn 11,53). Mais même dans ce contexte, rien ne peut le détourner de son projet : manifester l’amour de Dieu pour les hommes. Et que fait-il ? Un geste absolument imprévisible pour ces juifs : il se lève de table, il enlève son vêtement, prend un linge et le met à sa ceinture comme un tablier, puis il met de l’eau dans un bassin, s’agenouille et commence à laver les pieds de ses disciples.

Il nous faut mesurer un peu le caractère incroyable de ce geste :

- Laver les pieds dans le monde juif de l’antiquité, c’est le travail de l’esclave le plus jeune, de celui qui est le dernier des serviteurs.

- Laver les pieds, c’est aussi un service d’hospitalité inconditionnelle. C’est une manière d’accueillir son ami pour lui dire la profondeur de l’attachement que l’on a pour lui, lui faire comprendre qu’on est prêt à tout donner pour lui.

Jésus bouscule radicalement les représentations d’un Dieu au regard, aux gestes et aux mots qui écrasent. Avant de nous donner un exemple à suivre, Il invite à observer ce qu’Il fait : Jésus à genoux, c’est Dieu à genoux. Il est le serviteur des hommes. C’est déroutant pour Pierre, il refuse. Mais il a tort ! En refusant, il empêche Dieu d’être Dieu : celui qui sert et sauve. En repoussant Dieu comme son Sauveur, Pierre ne peut avoir part avec lui. Puis, il comprend que le Créateur n’aurait pu faire autrement pour le rejoindre que de se mettre à hauteur d’homme.

À présent, c’est au disciple qu’est confiée cette charge : dire Dieu tel qu’il est. Ainsi, tâchons de l’imiter, devenons serviteurs pour révéler Dieu au plus juste !