Archives de Catégorie: Essais

LIVRE C’est quoi une Église en bonne santé?

Eglise-Santé-Dever"C’est quoi l’Église idéale pour vous?" Nous avons tous une opinion sur le sujet. Dans L’Église: un bilan de santé, le pasteur Mark Dever nous encourage à aller un pas plus loin: de passer de la simple opinion à une réelle conviction biblique. Dans cette recension, je résume le livre, je cite quelques points forts et faibles et je termine en donnant mon avis.

Pour qui est ce livre?

Eglise-Bilan-Dever-fullC’est un livre pour tous. Dever commence en disant qu’il parle avant tout à tous les chrétiens, pas juste les pasteurs. Car la Bible à plusieurs reprises souligne l’importance et la responsabilité de toute l’assemblée d’une Église à veiller sur sa doctrine et son enseignement (Ga 1.6; 1Co 5).

Je pense que c’était ma première découverte du livre. Au regard de la couverture et du titre, je ne me rendais pas compte que c’était un livre grand publique. Notez que c’est un livre qui peut aussi être particulièrement intéressant pour ceux qui ne voient pas l’importance d’être membres d’une Église locale.

Bref résumé du livre

Dever aborde dans une première partie des sujets de base. Chapitre 1: qu’est-ce qu’un chrétien? Chapitre 2: Qu’est-ce que l’Église? Au chapitre 3 on explore le but ultime de Dieu pour l’Église et au chapitre 4 il explique pourquoi c’est la Bible notre seul livre fiable pour vivre une vie d’Église qui reflète le caractère de Dieu (voir mon avis sur sur le chapitre 3 sous la section "Points forts").

Dans la deuxième et troisième partie, l’auteur développe les neuf caractéristiques d’une Église en bonne santé. Il explique que ces neuf attributs ne couvrent pas tous les sujets importants d’une Église. Mais qu’ils «pourraient plutôt établir la distinction entre une Église biblique, saine et bien portante et l’une de ses nombreuses sœurs malades. Ces neufs signes sont trop souvent absents aujourd’hui et ont, par conséquent, grand besoin d’être relevés et cultivés dans nos Églises.»
La deuxième partie traite les trois caractéristiques essentielles: la prédication par exposition du texte (#1), la théologie biblique (#2) et une compréhension de l’Évangile fondée sur la Bible (#3). La troisième partie traite des six autres indicateurs ("importants"): ils s’agit d’une compréhension biblique de la conversion (#4), de l’évangélisation (#5) et de l’affiliation des membres (#6), la discipline d’Église exercé bibliquement (#7), un souci de faire des disciples qui grandissent rapidement en maturité (#8) et une structure de leadership biblique (#9).

Dever dit: "Les neuf caractéristiques décrites dans ce livre sont bibliques et font autorité pour les Églises de Jésus-Christ. Néanmoins, la distinction entre les indicateurs essentiels et ceux qui sont importants doit servir à nous rappeler que la sanctification, dans la vie de l’Église, comme dans nos vies personnelles, est un long processus." En bref, les caractéristiques essentielles sont non-négociables, mais il ne faut pas obligatoirement quitter son Église si elle ne fait pas preuve de toutes les caractéristiques importantes (p. 69) (voir ma remarque ci-dessous).

Points forts

Les neuf caractéristiques d’une Église en bonne santé sont vraiment utiles. Utiles pour savoir quoi regarder dans une Église. Utiles pour savoir vers quoi viser en tant qu’assemblée.

Le chapitre 3 sur le but de Dieu pour l’Église est vraiment à lire. Dever commence avec cette définition: "Une Église saine est une assemblée qui reflète chaque jour un peu plus le caractère de Dieu, tel qu’il a été révélé dans sa Parole." Il fait ensuite un survol rapide de la Bible pour montrer les fondements bibliques de cette définition. C’est le chapitre qui fait ressortir le mieux une des forces de Dever: son don à prêcher sur des livres entier de l’Ancien Testament en un message.

On ne peut pas le dire trop souvent. Qu’il ait mis la prédication textuelle en #1 est intentionnel et important. Si c’est la première fois que vous entendez parler de ce genre de prédication, lisez les 5 pages du chapitre 5. Vous comprendrez que Dever voit la prédication comme le repas principal que reçoivent les membres de l’Église et l’alimentation doit être saine et équilibrée. Il précise quels genres de prédication ne sont pas textuelles:

Quelquefois, les gens identifient la prédication par exposition du texte au fait de lire un version, puis de l’utiliser pour enseigner librement sur un sujet qui y serait lié. Mais lorsqu’un prédicateur exhorte une assemblée sur un thème qu’il a choisi, se servant de textes bibliques pour appuyer ses dires, il n’enseignera jamais plus que ce qu’il connaît déjà et son auditoire n’apprendra jamais plus que ce que le prédicateur sait déjà. La prédication par exposition de texte exige davantage (p.53).

J’aime bien les deux petites "annexes" en milieu du livre. L’une propose des petits conseils pour trouver une bonne Église (p. 66-67) et l’autre (p. 48) s’adresse à ceux qui "songent à quitter leur Église."

Points faibles:

Je pense que certains lecteurs seront rebutés par l’affirmation que les neuf caractéristiques sont bibliques. C’est surtout la prédication textuelle (#1) qui rebutera plus d’un lecteur. Comprenez-moi. Je pense que les meilleures prédications sont les prédications textuelles (càd: ou l’idée principale du texte biblique est l’idée principale de la prédication). Mais le livre aurait gagné en force si Dever avait pris plus de place pour défendre son affirmation que la prédication textuelle est une caractéristique biblique d’une Église en bonne santé.

J’ai trouvé le style du livre plutôt lourd. Sachant que Mark Dever est un grand lecteur, un auteur prolifique et qu’il a un doctorat de Cambridge en histoire de l’Église, je suppose que c’est la traduction qui est coupable.

Enfin, je regrette le manque de contextualisation du livre. Par exemple: ce sont exclusivement des livres anglais sur l’évangélisation qui sont recommandés (p. 74). Autre exemple, l’auteur, déplorant l’écart important entre le nombre de membres dans une église et le nombre des personnes qui assistent au culte, cite des statistiques des Églises baptistes du Sud (p. 82). Qu’en est-il des Églises françaises? A-t-on aussi des écarts? On n’en parle pas.

Mon avis sur L’Église: un bilan de santé

Le besoin pour des livres exhortant à une Église plus saine est énorme. Ce petit livre est une bonne introduction pour réfléchir à ce qu’on recherche dans un Église. J’adhère vraiment aux idées de Mark Dever.

Un risque à la lecture du livre est peut-être de devenir amer et de se dire: Est-ce qu’il existe une seule Église comme ça dans ma ville? Pour vous rassurer, notre Église actuelle (en Allemagne) ne prêche pas des prédications textuelles (Signe #1). Les sermons sont des thèmes avec tout un assortiment de versets retrouvés sur le thème grâce à une concordance. Pourtant Dieu n’attend pas qu’on prêche textuellement pour agir pour le salut de la ville et pour sa gloire (mais le risque de dérive de l’Église est plus grand). Dieu agit par bien des manières malgré l’absence d’une caractéristique essentielle.

Pour conclure, je termine avec les mots de Mark Dever nous encourageant à lire ce livre:

Vos pasteurs paraîtront devant Dieu pour rendre compte de la manière dont ils auront conduit votre assemblée (Hé 13.17). Par contre, chacun des disciples du Seigneur Jésus-Christ devra également s’expliquer: nous sommes-nous assemblés régulièrement avec l’Église? Avons-nous incité les autres à l’amour et aux bonnes œuvres? Avons-nous confessé sans fléchir l’espérance de l’Évangile, en combattant pour maintenir un enseignement juste (Hé 10.23-25)?

L’Église: un bilan de santé (Mark Dever) est vendu sur Amazon.fr, chez les éditions CLE et dans toute bonne librairie.

Pour aller plus loin:

• Consultez le sommaire du livre.
C’est quoi une prédication biblique?
Lisez gratuitement l’introduction et une partie du Chapitre 1 de L’Église un bilan de santé.
Combien d’heures un pasteur devrait travailler ?

LIVRE : Dietrich Bonhoeffer, De la vie communautaire et Le livre de prières de la Bible

  • Extraits de la quatrième de couverture : 

Cet écrit se présente comme un témoignage de ce que Dietrich Bonhoeffer a vécu avec les jeunes candidats au ministère pastoral du séminaire de Finkenwalde entre 1935 et 1937. A l’automne 1938, une année après la fermeture du Séminaire par la Gestapo, le grand théologien écrit ainsi cette sorte de compte rendu spirituel [...].

Quant au Livre de prières de la Bible, datant de 1940, il appartient à cette même période au cours de laquelle Bonhoeffer s’efforce, malgré l’interdiction des autorités, de regrouper ses derniers séminaristes. [...]

Dietrich Bonhoeffer est né en 1906 à Breslau. Etudiant en théologie à Berlin, il choisit la voie du pastorat [...]. A l’accession d’Hitler au pouvoir, il manifeste immédiatement son opposition aux mesures antisémites du régime nazi. [...] Arrêté par la Gestapo en 1943, il est exécuté au camp de concentration de Flossenbürg le 9 avril 1945.

  • De la vie communautaire. 
Le principe-clé : nous avons tout en Jésus en lequel nous sommes un. Bonhoeffer nous met en garde contre la volonté d’avoir à créer la communauté chrétienne. C’est intéressant dans la mesure où chacun a tendance à juger l’assemblée qu’il fréquente à la mesure de ses idéaux sur la vie fraternelle. Ainsi, ce qui ne va pas dans notre sens, on le considère comme un échec. Ici, nous avons un bon rappel que Dieu a déjà posé le seul fondement nécessaire, que nous n’avons rien à inventer.
Le plus : le dernier chapitre, sur la confession entre frères. Si nous nous reconnaissons aisément pécheurs les uns devant les autres, la confession de péchés concrets nous fait encore défaut, je trouve. (Maintenez-vous au courant, je pense qu’il y aura une série "A l’écoute de Bonhoeffer"…).
Le moins (pour qui est moyennement intéressé par le sujet) : les détails sur l’organisation pratique d’une vie communautaire.
  • Le livre de prières de la Bible 

C’est une introduction à la prière des psaumes en quelques pages (26 p.). Les thèmes qui structurent les psaumes sont successivement abordés (la création, la Loi, les ennemis, le Messie…). Le passage sur les psaumes de vengeance répond à pas mal de questions (l’embarras de les prier, le visage de Dieu qui est révélé…).

Aussi, Bonhoeffer fait une interprétation très christocentrique du Psautier en lequel il voit "la prière de suppléance du Christ pour son Eglise". C’est d’ailleurs assez frustrant de ne pas pouvoir détailler ici !

"Il s’agit là d’une grâce que Dieu nous fait en nous disant [à travers le Psautier] comment lui parler et être en communion avec lui." (p. 109)

LIVRE La raison est pour Dieu de Timothy Keller

C’est bientôt la rentrée et tous les étudiants devront se procurer un tas d’ouvrages « de référence »… Un conseil : ajoutez à la liste La raison est pour Dieu de Timothy Keller !

Je vois beaucoup d’intérêt à le lire. Le livre s’adresse aux non-chrétiens comme aux chrétiens :

1) C’est un excellent outil pour répondre aux questions que vous vous posez en tant qu’agnostique ou athée.

Keller nous explique, par exemple, que la résurrection de Jésus est le fait qui recueille le plus d’indices favorables pour expliquer la naissance de l’Eglise (sauf si l’on se soumet au parti pris philosophique de renoncer aux miracles).

Des sujets tels que «l’Eglise est responsable de tant d’injustices » ou encore « la science démontre la fausseté du christianisme » sont abordés. L’auteur y répond avec clarté et s’appuie sur de nombreuses références, d’Augustin à Michel Foucault…

J’apprécie particulièrement le chapitre : « Vous ne pouvez pas prendre la Bible au pied de la lettre. » Les Chrétiens emploient souvent ces expressions « la Bible dit que…. » ou encore « c’est écrit dans la Bible, point ! ». Mais la Bible ne fait pas autorité pour tous, on l’oublie souvent. Alors Keller nous propose de  réfléchir davantage à : pourquoi la Bible est-elle digne de confiance ?

Bref, si vous n’avez pas encore fait de Jésus votre trésor parce que le rejet du christianisme est une évidence rationnelle, lisez le livre de Keller ! Vous devriez être fascinés de comprendre que la raison n’est pas un obstacle pour se donner à Jésus.

2) Les Chrétiens sont enrichis par la lecture du livre autant que les athées. Et pas seulement pour répondre aux interrogations de ces derniers !

On entend souvent à l’église que l’Evangile n’apporte pas une religion. Sait-on vraiment ce qui se cache derrière cette affirmation ?  Pour être au clair, lisez le chapitre 11, « La religion et l’Evangile » !

Enfin, beaucoup de passages nous conduisent à l’adoration et renouvellent notre joie de nous donner à Dieu. Je pense à un passage sur la Trinité :

Chaque personne de la Trinité aime, adore, vénère avec joie les autres. Cela crée une danse de réjouissance et d’amour, dynamique et vibrante. Les premiers responsables de l’Eglise grecque avaient un mot pour la nommer : perichoresis. Vous remarquerez qu’on y trouve la racine de notre terme « chorégraphie ». Perichoresis signifie littéralement « danser ou circuler autour ». […] Dans le christianisme, Dieu n’est pas une chose statique […] mais une activité dynamique, vibrante, une vie, […] un tourbillon de danse… ». (page 229)

Hélas, nous avons gâché la danse à laquelle nous étions participants… mais nous pouvons revenir à la danse. Lisez le livre si cela vous intrigue !

Le chapitre 2 de La raison est pour Dieu ainsi que le sommaire sont consultables sur le site des éditions Clé.

Le livre chrétien de l’année 2011 en anglophonie est…

Chaque année, le magazine évangélique WORLD récompense un livre. En 2008, c’était l’excellent livre de Timothy Keller: La raison est pour Dieu.  Mais cette fois-ci, deux livres ont étés nommés "Livres de l’année 2011". Il s’agit de: Should Christians Embrace Evolution? [Les chrétiens devraient-ils accepter l'évolution?] et God and Evolution [Dieu et l'évolution].

Ces livres ont étés choisis pour leur apport au débat actuel (en anglophonie) sur les origines du monde. Ce qui est particulièrement intéressant: ces livres répondent en particulier à Francis Collins, le fervent avocat de l’évolutionnisme théiste (ou déiste). Vous pouvez lire l’explication complète de l’équipe de la rédaction de WORLD Magazine ici.

Jusqu’à maintenant, le blog Étrangers et voyageurs est resté silencieux au sujet de l’évolution et de la création. Mais je compte bientôt expliquer pourquoi je ne me suis jamais prononcé sur le sujet.

MA: Randy Alcorn

Livre Génération challenge (Alex et Brett Harris)

« La plupart des gens ne s’attendent pas à ce que tu comprennes ce dont nous allons parler dans ce livre. Et même si tu le comprends, ils ne s’attendent pas à ce que tu t’en soucies. Et même si tu t’en soucies, ils ne s’attendent pas à ce que tu agisses en conséquence. Et même si tu agis en conséquence, ils ne s’attendent pas à ce que cela dure. Nous ne faisons pas partie de ces gens. » — Alex & Brett Harris

C’est ainsi que commence Génération challenge. C’est un des meilleurs livres que j’ai jamais lu.

Écrit par des jumeaux adolescents, ce livre s’adresse aux ados du monde entier. Leur message est une bombe et il a tout pour plaire. La préface de Chuck Norris (le vrai !), les recommandations de plusieurs des meilleurs écrivains chrétiens (Randy Alcorn et John Piper entre autres) et certainement la plus belle couverture de 2010, Génération challenge est un crie de guerre poussé par des jeunes pour des jeunes.

Leur message est simple. Pourtant c’est une véritable révolution. Partant du constat que la société n’attend quasiment rien des jeunes, que des millions d’ados gaspillent leurs meilleurs années, ils proposent un nouveau regard sur « l’adolescence ». Alex et Brett expliquent que l’adolescence est une invention récente et aux conséquences désastreuses.

Jusqu’au début du 20e siècle, les gens étaient soit des enfants, soit des adultes. Des hommes et des femmes de quinze ou seize ans faisaient des choses inimaginables aujourd’hui. Ils citent les exemples de George, qui devint le topographe officiel d’un comté en Virginie à dix-sept ans, David, qui à onze ans reçut le commandement d’un navire capturé au cours d’un combat, et Clara, qui apprit les soins infirmiers dès onze ans et enseignait une classe de plus de quarante élèves à l’âge de dix-sept ans.

« Pourquoi les jeunes du passé étaient-ils capables, à quinze ou seize ans, de faire – et de bien faire – des choses que nos contemporains de vingt-cinq ou trente ans sont incapables de d’entreprendre ?

Est-ce parce que les jeunes gens sont à présent appelés « adolescents » ? Pas tout à fait.

C’est parce que les gens d’aujourd’hui voient les années de la jeunesse sous l’angle moderne de l’adolescence – une catégorie d’âge et de comportement qui était complètement étrangère aux hommes et aux femmes d’une époque pas si lointaine.

Le terme adolescence signifie littéralement « grandir ». C’est vrai au sens biologique comme du point de vue des autres aspects de la maturité. Ça n’est pas un problème pour nous et le mot lui-même ne nous pose pas de problème. […] En revanche, ce qui nous ennuie, c’est la compréhension moderne de l’adolescence qui autorise, encourage et même forme les jeunes à rester immatures plus longtemps que nécessaire. Cela nous maintient à l’écart de ce que nous pourrions faire, de ce que pour quoi Dieu nous a faits et même de ce que nous aimerions faire si nous échappions aux faibles attentes de la société. »

Je recommande ce livre à tout le monde. Mettre une tranche d’âge serait bête. Il y a des jeunes de onze ans qui pourraient très bien le lire et des « Tanguy» de 35 ans qui auraient intérêt à le lire.

C’est un livre très dynamique qui appelle notre génération à se lever et se bouger pour notre Roi Jésus. Certains tireront les sonnettes d’alarme à l’idée d’être ambitieux et de faire quelque chose pour Dieu. Mais les frères Harris connaissent bien leur Évangile. Ils précisent bien qu’on ne rejoins pas la Rébellution pour obtenir l’approbation de Dieu. Plutôt, on se lance parce que Dieu est déjà bienveillant envers nous et qu’il n’y a plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus le Messie. L’échec n’est pas possible.

Mon seul chagrin c’est de ne pas avoir vu l’effet de Génération challenge dans ma région. J’espère que les Rébellutionnaires ne se sont pas endormis. Les frères Harris offrent des précieux conseils pour lancer un mouvement qui dure. Mettons-le en pratique!

« Les gens ne s’attendent pas à ce que ça dure. » Rebellons-nous contre cette faible attente de notre société !

Génération challenge est disponible dans la Boutique BLF Europe ou chez l’éditeur: les éditions Clé.

Tu peux aussi retrouver des "rébellutionnaires" sur leur site: www.larebellution.com et leur recension de ce livre ici.

« Génération challenge est un livre extraordinaire. En fait, je crois qu’il se révélera l’un des livres les plus aptes à changer la vie, la famille, l’Église et la culture des jeunes de cette génération. J’aimerais que chaque adolescent le lise mais je souhaiterais tout autant que chaque parent, chaque responsable d’Église et chaque éducateur fasse de même. Si vous réalisez le challenge qui consiste à dire non à certaines distractions et oui à cet ouvrage remarquable, je vous garantis que vous en serez largement récompensé. »

Randy Alcorn, auteur de nombreux livres, dont Le principe du trésor et Le choix de la pureté

« Les attentes des adultes vis-à-vis des jeunes sont trop modestes. Et ces jumeaux cherchent à les relever. Ne vous conformez pas aux faibles attentes qui proviennent de la culture dominante. Visez plus haut. La jeunesse peut être un exemple pour les adultes. Ayez cette pensée. Ayez ce rêve. Ou, comme le diraient les frères Harris, "rebellez-vous contre la facilité". Que Dieu nous donne, pour la nouvelle génération, une vision qui glorifie l’Évangile de Christ et conduise des milliers de jeunes vers la croix, où ils trouveront le pardon de leurs péchés, l’humilité et un courage qui exalte Christ, les pousse à se rebeller contre les faibles attentes et à "relever des challenges". »

John Piper, auteur de nombreux livres dont Au risque d’être heureux

LIVRE Lettres à Malcolm (CS Lewis)

Peut-être avez-vous déjà lu Tactique du diable. Sinon, ça vaut vraiment le coup de lire ces lettres fictives échangées entre deux démons. Lewis semble exceller dans le style épistolaire. Avec les Lettres à Malcolm, c’est aussi à partir d’une correspondance qu’il nous fait part de sa réflexion sur la prière.

La quatrième de couverture rend bien compte de l’esprit du livre. "Où et quand prier ? Les prières toutes faites nous sont-elles utiles ? Dieu exauce-t-il toutes nos prières ? La prière est-elle un simple monologue ? Est-ce le vrai moi qui prie ? Quel est le rôle de l’imagination dans la prière ? Quels sont les rapports entre prière et adoration, prière et repentance ? Voilà quelques-unes des questions que se pose C.S. Lewis dans cette correspondance amicale et informelle. Il les aborde avec sa sincérité et son humour habituels sans jamais éluder les paradoxes apparents et sans tomber dans le piège de la solution instantanée."

Je rebondis sur cette dernière phrase : « sans tomber dans le piège de la solution instantanée ». En effet, Lewis fait preuve d’une logique implacable et a vraiment le souci de se défaire de tout préjugé. Ses raisonnements sont fins mais longs, cela rend son livre un peu difficile. Il faut parfois relire des passages pour tout saisir (à moins que ce ne soit la traduction qui soit mauvaise, ce qui est possible puisque je n’avais pas eu cette impression en lisant Tactique du diable).

J’aime beaucoup le recul dont il est capable de faire preuve vis-à-vis du « milieu spirituel » dont il est issu ainsi que son refus du tout ou rien, l’importance accordée à l’unicité de chacun. La réponse qu’il apporte à la question prières-toutes-faites ou prières-libres l’illustre bien. Mais attention, Lewis affirme aussi fermement ses positions quand cela est nécessaire.

Une citation à méditer :

« Il m’arrive fréquemment de prier pour les autres alors que je devrais faire quelque chose pour eux. Il est tellement plus facile de prier pour un casse-pieds que de lui rendre visite. »

L’éditeur a attribué un titre à chaque lettre, c’est très commode pour en connaître le thème et parcourir le livre en fonction de nos questions du moment.

Le moins : le prix assez élevé du livre, je trouve (19 euros).

Disponible sur Amazon: Lettres à Malcolm

NOTE: j’ai découvert qu’une ancienne version existait pour 5,70€: Si Dieu écoutait : Lettres à Malcolm sur la prière

LIVRE Indignez-vous! Une critique du livre phénomène

Avec plus d’un millions d’exemplaires vendus en 2010, Indignez-vous! est un phénomène. Le livre de Stéphane Hessel est encore en tête des ventes aujourd’hui (la preuve sur Amazon). Voulant savoir si le livre méritait ce succès, je l’ai lu. Voici rapidement mon avis.

Je le recommande, MAIS.
Si Stéphane Kapitaniuk avait écrit un tel livre, il en aurait vendu une cinquantaine (j’ai une grande famille). C’est tout. A mon goût, le succès du livre est dû à l’auteur, plutôt qu’au contenu. Stéphane Hessel est juif de 93 ans, il écrit du haut de son expérience d’homme d’état. Quand un tel monsieur parle, on écoute.

Concernant le fond du livre.
Rien de nouveau, rien de révolutionnaire. Quoique… En tant que chrétien je suis absolument d’accord avec la thèse: une des plus belles forces de l’homme est sa capacité de s’indigner. Oui Dieu nous a créé avec un sens de justice. Et quand on entend parler des enfants des Philippines qui sniffent de la colle pour oublier leur faim, les jeunes filles mutilées en Afrique, le sort des enfants soldats ou l’injustice la plus totale que subissent les Dalits d’Inde, on s’indigne.

Sauf qu’aujourd’hui, selon Hessel, les français auraient oubliés de s’indigner. Et c’est là que je crois comprendre ce que veut dire l’auteur, tout en n’étant pas complétement d’accord. Les français n’ont pas oublié de s’indigner. Nous, sommes toujours des gaullois raleurs. Seulement, nous nous indignons pas pour des causes qui en valent la peine. Disons les choses d’une manière Hessellienne: je suis indigné par l’indignation de mes compatriotes qui s’indignent pour leurs retraites, leur confort personnel, leur bien-être personnel, etc. Ce n’est pas comme ça qu’on résoudra les crises de la planète.

Il y a des grands sujets qui doivent nous préoccuper. Il y a des tragédies planétaires qui méritent toute notre attention. Il y a autant de causes nobles, qu’il y a de sujets futiles. C’est pourquoi, s’indigner, oui. Mais reste à voir comment et contre qui. Indignez-vous! est disponible sur Amazon.

PS. Contrairement aux rumeurs, je n’ai pas vraiment noté un côté "gauchiste" au livre. L’indignation n’est pas réservé aux altermondialistes.

MÀJ du 27/02/2013: on vient d’apprendre le décès de Stéphane Hessel. L’article a été un peu nettoyé (des liens vers les livre n’étaient plus valides) et la mise en page amélioré.