Comment 4 prédicateurs connus préparent leurs prédications


Stéphane Kapitaniuk

N’avez-vous jamais eu envie de savoir comment faisait John Piper pour préparer ses prédications? Il m’est souvent arrivé de me poser cette question en plein milieu de la galère des préparations. J’ai eu ma réponse. J’ai trouvé une série de vidéos où Tim Keller, John Piper, Mark Driscoll et Alistair Begg expliquent comment ils préparent leurs sermons. Voici pour chacun un résumé en français.Tim KelleR:

Deux semaines avant: 4h pour faire un découpage du texte, résumé en une phrase le sens du texte («Proposition centrale»), utiliser les commentateurs pour les versets difficiles. Produit de ce travail: un plan et une exegèse de base qui explique le passage. Il l’envoi aux musiciens.

3 jours avant (vendredi), il prend de nouveau 4h pour transformer l’étude biblique en prédication. Il doit passer de «que dit le texte?» à «qu’est-ce que ça veut dire pour moi?»

Le jour avant (samedi) il prend 6 heures pour réduire la prédication. « Mes prédications sont toujours trop longues. » 14-16h par semaine pour préparer une prédication qui sera ensuite prêché 4x le dimanche. Environ 25h en tout chaque semaine pour préparer et donner une prédication. Dans son ministère, la prédication est sa première responsabilité.

John Piper:

Quand il connait plutôt bien son texte, il ne commence pas la préparation avant vendredi. Il auras déjà envoyé la référence et un titre mardi à l’équipe de louange, mais ne commence pas à l’étudier/préparer avant vendredi matin. Il prend tout vendredi pour préparer la prédication, toute la journée et la nuit s’il faut. Le pire qu’il a déjà eu c’est de rester sur le texte jusqu’à 2h du mat (là le texte lui posait vraiment des problèmes, il avait besoin de l’étudier beaucoup plus).
Il a le grec/anglais ou grec/hébreu devant lui sur l’ordi et il le lit en recopiant sur papier le texte. En faisant ça il écrit ses notes et remarques sur la feuille tout en demandant à Dieu de lui montrer le vrai sens du texte. Et alors qu’il écrit, il commence à voir des choses. Quand il a fini, il a plein de questions, plein de cercles. Il a de quoi faire des heures de prédication.

Puis en prière et réflexion il réduit ça à l’essentiel qui devrait être transmis à son église.

Après ça il prend une pause, généralement pour manger le repas du midi, puis il revient et là il se donne l’après-midi pour écrire le manuscrit de la prédication. Généralement 10 pages double interligne. Il écrit, édite, prie et répète à voix haute tout en même temps.

Piper termine avec un avertissement: Il dit: Attention, c’est ce qui fonctionne pour moi. Si tu es exactement comme moi, alors tu peux me copier. Sinon, prends ce qui te convient et laisse tomber le reste. Je connais certains qui ne peuvent pas prêcher d’un manuscrit complet tout en semblant naturel. Moi, c’est ce qui me convient.

Mark Driscoll:

Il commence d’abord en se posant la question: Que disent les Écritures? Puis il se me demande: que veut dire ce texte? Et c’est la partie interprétative où concrètement on veut savoir ce que ça veut dire de manière pratique.
Puis il se demande pourquoi on resiste à la vérité de ce texte. C’est très important. Romains 1 dit que nous étouffons la vérité (Ro 1.18). Puis selon la tradition puritaine, après savoir quelles sont les resistances majeures aux textes, il cherche à les réfuter, à répondre aux arguments.
Puis enfin: Comment applique-t-on ce texte à notre vie, notre église, notre mission? Pas juste une application personnelle, mais aussi familiale, église et apporter l’évangile de Dieu à notre ville?

Alistair Begg:

Dans un sens, chaque prédication prend toute la vie à préparer. Begg commence avec le texte biblique le plus tôt possible dans la semaine. Prière. Puis il résume son procédé comme ceci:

« Think yourself empty »: il note tout ce qui lui vient à l’esprit sur le texte. Il ne fait pas le tri: il écrit tout. Parfois une structure vient déjà en vue.

« Read yourself full »: Il va lire pour répondre à ses questions sur le texte. Il a un système de classement pour rapidement trouver d’anciennes prédications où il a déjà répondu  une question. Ça peut aussi être de lire des commentaires.

« Write yourself clear »: Spurgeon a dit: « Ecris le texte complet de tes prédications les 5 premières années ». Et c’est ce que j’ai fait et je me suis dit: pourquoi arrêter? Écrire c’est la solution pour savoir si ce qu’on compris dans notre texte est claire quand on le retransmet. On peut vérifier ça en relisant le manuscrit. Je peux fonctionner avec un plan écrit sur un bout de papier. Mais si j’écris mes prédications c’est dans un souci de discipline.

« Pray yourself hard »: On commence et on termine la prédication dans la prière.

Puis sois toi-même et essaie de t’oublier durant la prédication.

A moins d’avoir eu un texte imposé par les organisateurs, quand il est invité il ressort quelque chose où il pense pouvoir vraiment améliorer la prédication par rapport à la dernière fois.

MA: Kevin Halloran

À quoi ressemble votre préparation de prédications?

  • http://letempledejesuschrist.wordpress.com Béréenne attitude

    Quelle base biblique au ‘sermond’ (à la ‘prédication’).

    Ce qui est annoncer par la plupart des personnes citées « solo scriptura » est-il cohérant avec ce qui est pratiqué ?

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