Chacun doit savoir que tout ce qu’il fait pendant les heures où il est seul exerce une influence sur la vie de la communauté. Il peut, en étant tout seul, la déchirer ou la salir, ou au contraire la fortifier et la sanctifier. [...] Un germe de maladie s’est infiltré dans l’organisme, on ne sait peut-être pas d’où il vient, ni dans lequel de ses membres il se cache, mais le corps tout entier est contaminé. [...] Ainsi, parce que nous sommes les membres d’un seul corps, [...] chaque membre sert au corps tout entier pour sa santé ou pour sa corruption. Ce n’est pas de la théorie, mais une réalité spirituelle dont on peut souvent faire l’expérience avec une clarté bouleversante, dans un sens destructeur ou réjouissant, dans la communauté chrétienne." (De la vie communautaire, Labor et fides, p. 79)
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A l’écoute de Dietrich Bonhoeffer : sur la méditation
Il arrivera sans cesse, et non seulement au début, que nous remarquions en nous une grande sécheresse intérieure, une indifférence, un manque de joie, bref, une incapacité à méditer. Nous ne devons pas nous laisser arrêter par ces expériences. Surtout, nous ne devons pas leur permettre de nous laisser détourner de maintenir avec patience et fidélité notre temps de méditation. Il n’est pas bon que nous prenions avec trop de sérieux ces expériences négatives [...]. Il pourrait s’agir ici d’introduire subrepticement [...] nos prétentions indues vis-à-vis de Dieu, comme si nous avions un droit quelconque à des expériences exaltantes et réjouissantes, et que l’expérience de notre pauvreté intérieure serait indigne de nous. (De la vie communautaire, Labor et fides, p. 75)
LIVRE : Dietrich Bonhoeffer, De la vie communautaire et Le livre de prières de la Bible
- Extraits de la quatrième de couverture :
Cet écrit se présente comme un témoignage de ce que Dietrich Bonhoeffer a vécu avec les jeunes candidats au ministère pastoral du séminaire de Finkenwalde entre 1935 et 1937. A l’automne 1938, une année après la fermeture du Séminaire par la Gestapo, le grand théologien écrit ainsi cette sorte de compte rendu spirituel [...].
Quant au Livre de prières de la Bible, datant de 1940, il appartient à cette même période au cours de laquelle Bonhoeffer s’efforce, malgré l’interdiction des autorités, de regrouper ses derniers séminaristes. [...]
Dietrich Bonhoeffer est né en 1906 à Breslau. Etudiant en théologie à Berlin, il choisit la voie du pastorat [...]. A l’accession d’Hitler au pouvoir, il manifeste immédiatement son opposition aux mesures antisémites du régime nazi. [...] Arrêté par la Gestapo en 1943, il est exécuté au camp de concentration de Flossenbürg le 9 avril 1945.
- De la vie communautaire.
- Le livre de prières de la Bible
C’est une introduction à la prière des psaumes en quelques pages (26 p.). Les thèmes qui structurent les psaumes sont successivement abordés (la création, la Loi, les ennemis, le Messie…). Le passage sur les psaumes de vengeance répond à pas mal de questions (l’embarras de les prier, le visage de Dieu qui est révélé…).
Aussi, Bonhoeffer fait une interprétation très christocentrique du Psautier en lequel il voit "la prière de suppléance du Christ pour son Eglise". C’est d’ailleurs assez frustrant de ne pas pouvoir détailler ici !
"Il s’agit là d’une grâce que Dieu nous fait en nous disant [à travers le Psautier] comment lui parler et être en communion avec lui." (p. 109)
