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Une définition de la mission de l’Église… par un athée!

Frédéric Lenoir ne serait probablement pas content d’être étiqueté "athée". C’était plus facile de titrer comme ça, que d’être précis. Lenoir doit probablement se dire agnostique ou quelque chose du genre. Il sait que l’existence de Jésus est un fait historique, mais ça semble en rester là. Il croit peut-être que Dieu existe, mais puisqu’il ne croit pas que Jésus est Dieu (cf. Comment Jésus est devenu Dieu) n’est-il pas athée?

Dans son édito pour Le Monde des religions il s’aventure à définir la mission de l’Église:

"L’église est nécessaire comme communauté de disciples qui a pour mission de transmettre la mémoire de Jésus et sa présence à travers le seul sacrement qu’il a institué (l’Eucharistie), de diffuser sa parole et surtout d’en témoigner."

C’est très intéressant! Je suis absolument d’accord avec la notion de "communauté de disciples" et la mission de diffuser la parole de Jésus (je dirais "message de Jésus").  Par contre, je suis bien curieux pourquoi il dit: "qui a pour mission de transmettre la mémoire de Jésus et sa présence à travers le seul sacrement qu’il a institué (l’Eucharistie)".

Si Frédéric Lenoir était catholique, il citerait sept sacrements. Et s’il était Protestant évangélique, il en citerait deux: "l’Eucharistie" (on appelle ça la Sainte-cène) et le baptême. En effet, Jésus nous a dit de manger le pain et le vin en mémoire de lui. Mais il nous a aussi dit: "Allez, faites des disciples de toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé." Comment est-il arrivé à une telle définition? De plus, je voudrais savoir ce qu’il entend par "présence de Jésus". Fait-il référence au dogme catholique?

J’aime beaucoup le style de Frédéric Lenoir. Je le trouve intelligent et abordable. Deux qualités que l’on trouve rarement simultanément chez un intello. J’arrive à saisir ses pensées, tout en apprenant beaucoup. J’arrive à suivre son raisonnement, tout en sachant qu’il y a beaucoup plus encore qui m’échappe. Je voudrais avoir sa capacité à rendre simple le complex.

A l’écoute des Pères : Tertullien sur le mariage

Où trouver des paroles pour exprimer toute l’excellence et la félicité d’un mariage chrétien? l’Église en dresse le contrat, l’oblation divine le confirme, la bénédiction pastorale y met le sceau, les anges qui en sont témoins l’enregistrent, et le Père céleste le ratifie. Douce et sainte alliance que celle de deux fidèles portant le même joug, réunis dans une même espérance, dans un même vœu, dans une même discipline, dans une même dépendance! Tous deux, ils sont frères, tous deux serviteurs du même maître, tous deux confondus dans une même chair, ne forment qu’une seule chair, qu’un seul esprit. Ils prient ensemble, ils se prosternent ensemble, ils jeûnent ensemble, s’enseignant l’un l’autre, s’encourageant l’un l’autre, se supportant l’un l’autre. Vous les rencontrez de compagnie à l’église, de compagnie au banquet divin. Ils partagent également la pauvreté et l’abondance, la fureur des persécutions ou les rafraîchissements de la paix. Nuls secrets à se dérober, ni à se surprendre mutuellement; confiance inviolable, empressements réciproques; jamais d’ennui, jamais de dégoûts. Ils n’ont pas à se cacher l’un de l’autre pour visiter les malades, pour assister les indigents; leur aumône est sans disputes, leurs sacrifices sans scrupules, leurs saintes pratiques de tous les jours sans entraves. Chez eux point de signes de croix furtifs, point de timides félicitations, point de muettes actions de grâces. De leurs bouches, libres comme leurs cœurs, s’élancent les hymnes pieux et les saints cantiques. Leur unique rivalité, c’est à qui célébrera le mieux les louanges du Seigneur. Voilà les alliances qui réjouissent les yeux et les oreilles de Jésus-Christ, celles auxquelles il envoie sa paix.

Tertullien, A ma femme, II

La croix ou l’Evangile? Qu’est ce qui vient avant?

À une semaine de Pâques, j’ai deux lectures prévues cette semaine. Je finis le récit de la crucifixion dans l’évangile selon Jean et je commence à lire La Croix, Une puissance oubliée. C’est un livre qui est sur ma table de chevet depuis des mois. Je l’avais acheté parce qu’aujourd’hui des livres sur la croix, c’est rare et en plus la couverture était belle.

Voici une première citation du livre:

"Ce n’est pas tant l’Evangile qui nous a conservé la doctrine de la croix que ce n’est la doctrine de la croix qui nous a conservé l’Evangile."

Alexandre Vinet, cité dans La Croix, Une puissance oubliée, éditions Emmaüs, page 22