Archives de Tag: Sacrifice

Chemin du Calvaire, semaine 3 (Chapitres 4&5)

On continue de lire ensemble Le chemin du Calvaire (Roy Hession). Cette semaine, on a lu les chapitres 4 & 5. Le chapitre 4 reprend l’image de Jésus, qui décrivait la vie chrétienne comme un chemin. Le chapitre 5 mélange deux images : celle du Saint-Esprit tel une colombe qui vit en nous et Jésus, l’Agneau du sacrifice parfait.

Ce qui m’a marqué cette semaine :

Pour emprunter le chemin du Réveil, il faut d’abord passer par la porte basse. C’est la porte du brisement qui accède à la croix de Jésus. « Être brisé, c’est pouvoir dire : ‘Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ’ (Galates 2:20). »

Être brisé, c’est ne plus avoir de droits devant Dieu et devant les hommes. Ce n’est pas simplement les abandonner, mais reconnaître que nous n’en avons point, si ce n’est celui de mériter l’enfer. Cela signifie ne plus rien posséder en propre, ni temps ni argent ni biens ni position[1].

C’est une affirmation très forte, choquante même. Mais je pense que c’est effectivement de ça que parlait Jésus quand il disait :

Quiconque ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne peut-être mon disciple. […] Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple[2].

Il faut renoncer à ses droits pour devenir disciple de Jésus. Et dans cela, Jésus est notre exemple suprême, lui qui a renoncé à ses droits divins pour devenir un homme (cf. Philippiens 2.4-11).

Encore plus fort, une fois qu’on a franchi la porte basse, il faut constamment rester dans l’humilité:

Quelqu’un nous blesse-t-il, nous fait-il du tort ? Nous avons le choix de l’accepter comme un moyen de grâce pour nous humilier et nous abaisser. Ou nous pouvons résister et raidir le cou, avec tous les tourments que cela ne manquera pas d’entraîner pour nous. Tout au long de la journée, l’authenticité de notre brisement sera éprouvée. Il est inutile de prétendre que nous sommes brisés devant Dieu si notre attitude vis-à-vis de nos semblables prouve que nous ne le sommes pas envers eux. Dieu nous éprouve presque toujours par le moyen de notre prochain. Il n’y a pas de hasard dans la vie du chrétien[3].

J’ai été marqué par cet appel au brisement continuel. Mais je rétorque tout de suite avec un problème. Je n’ai aucune idée à quoi ça ressemble concrètement. Plutôt que commenter sur le chapitre suivant, je veux qui expliquer où j’en suis dans ma réflexion.

Je crains que Le chemin du Calvaire soit trop souvent compris comme un plaidoyer pour un christianisme humble, contrit, brisé… et lâche. Comme si nous ne devions pas avoir d’opinions, parce que tout ça, ça encourage les conflits, les disputes. Comme si nous devions toujours être écrasés.

Comprenez-moi bien, je ne dis pas par là que le livre est mauvais. Mais plutôt c’est un aspect du livre que j’ai du mal à digérer en ce moment. Pour illustrer, prenons l’exemple de l’apôtre Paul dans Galates 2.11-21. Il reprend publiquement l’apôtre Pierre pour quelque chose qu’il a fait. Notre christianisme doit avoir une place pour une certaine sévérité. Je dois aimer à tout instant, mais parfois, il faut éclaircir une situation d’injustice ou se battre pour une solution de crise. A chaque pas, il faut faire évidemment attention à son cœur dans la situation. Mais c’est en pensant à cela que je réagis contre la première citation de cet article.

Et vous lecteurs, qu’en pensez-vous ? Qu’avez-vous retenu de votre lecture ? Rendez-vous la semaine prochaine pour les chapitres 6 et 7 du Chemin du Calvaire !

"Piss Christ", si choquant que ça ?

Vous devez déjà avoir vu cette photographie récemment.  C’est l’une de celles détruites à Avignon dimanche 17 avril (les faits en détails dans cet article du Monde).

Un crucifix baignant dans un bain de sang et d’urine est une « profanation ignoble du Christ » selon l’Institut Civitas. Le même institut appelait à la manifestation le samedi 16 avril avec pour slogan : « L’honneur du Christ nous y oblige ».

Je n’ai ni le temps ni le goût ce soir de me perdre dans des questions de liberté artistique (et ses limites), de mouvance catholique intégriste ou encore de modalités de financement d’expositions par des fonds publics…

Pourtant, en tant que disciple de Jésus-Christ, j’ai été interpellée ou plutôt surprise par cette affaire. Loin d’être béate devant une telle production artistique, je trouve tout de même la réaction des profanateurs disproportionnée. Franchement, l’ « honneur du Christ » (pour reprendre l’expression chère à Civitas) est bien plus souvent "profané", peut-être aussi beaucoup plus sournoisement. Pensons juste à tous les portraits d’un  Christ à l’eau de rose, faisant fi du sacrifice du Fils de Dieu, qui circulent dans les médias !

BD pour expliquer le sens du "Sacrifice"

Kriss continue avec une deuxième planche. Cette fois-ci elle explique la notion très importante du sacrifice. Elle a du talent cette fille. J’espère qu’elle nous fera encore des centaines de dessins.

La suite sur son blog What would Jesus text to me?