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Adolphe Monod à propos de la vérité dite sans amour

«Je tremble toujours de tomber dans la théologie et la métaphysique, vers laquelle j’ai un penchant irrésistible, dans ma prédication comme dans mes sentiments particuliers… Hélas! j’ai la douleur de voir que j’excite parfois une opposition contre l’Évangile que je prêche, qui ne tient pas seulement (quoiqu’elle tienne principalement) à l’Évangile lui-même; mais en partie à quelque chose de sec, de tranchant, d’austère, dans mes discours et dans mes manières. Priez Dieu pour moi, mon bon ami, afin qu’il me fasse chrétien par le cœur et me remplisse d’amour; et si vous le pouvez, donnez-moi à ce sujet, quelques conseils.»

Adolphe Monod, in Les Adieux, édition Groupes missionnaires, 1956, p. 32

 

Restons enfants

Je ne parle pas de lectures profanes ici. Trop dispersant. Mais quoique je lise, c’est avec ce que je suis et ce que je crois. D’où ce passage de Michela Marzano.

Quand j’étais petite, je l’inondais de pourquoi [l'auteur parle de son père]. Comme les enfants  le font souvent. Pour comprendre pourquoi il fait nuit le soir. Pourquoi ils ne doivent pas jeter un objet par terre. Pourquoi ils se font gronder s’ils lancent des pierres ou font des caprices. Jusqu’aux questions plus difficiles : pourquoi tu es triste ? Pourquoi je suis née ? Pourquoi grand-mère n’est plus là ?

Tous les enfants veulent connaître la "vérité" et continuent de demander le pourquoi des choses tant qu’ils n’ont pas obtenu de réponse satisfaisante. Même si les réponses tardent. Et qu’elles n’arrivent parfois jamais. *

* Michela Marzano, Légère comme un papillon, Grasset, 2012, p. 227-228

TEMOIGNAGE Comment j’ai été conduite de l’incroyance à la foi

J’ai mis du temps à me décider d’écrire cet article. Je n’ai pas envie de tomber dans le style « journal intime » avec le blog ! Je profite de mon "anniversaire de conversion" pour le faire. J’espère juste que ces quelques lignes pourront rendre gloire à Dieu, à la façon dont Il est intervenu dans ma vie.

J’aime bien parler d’une  série de rencontres. Des rencontres littéraires d’abord, puis des rencontres réelles et enfin, l’ultime rencontre, avec le Christ. Je m’explique : Dieu a fait preuve d’une très grande délicatesse envers moi (je ne m’en rends compte qu’avec le recul). Il m’a d’abord rejoint dans mes préoccupations de l’époque : les lettres. Ca a vraiment commencé avec un sermon sur la mort du prédicateur Bossuet (pour autant que je m’en souvienne). J’ai été travaillée par les rappels de la vanité de notre existence, c’était très proche de ce que l’on trouve dans l’Ecclésiaste. Puis tout s’est enchaîné. Je ne vais pas transformer ce témoignage en cours de français mais il faut quand même que je dise un mot de Pascal ! Quand j’ai découvert sa vision de la nature misérable de l’homme, j’y ai totalement adhéré. Mais pour lui cette nature pitoyable était le fruit du péché originel. Là-dessus, j’étais beaucoup plus sceptique. Je passe sur les autres rencontres fictives…

Ensuite, je l’ai dit, il y a eu des rencontre réelles. Là encore, Dieu était présent, mais je n’en avais pas conscience. C’est fou comme des choix apparemment tout bêtes peuvent avoir des répercussions dans notre vie. Si je n’avais pas décidé de ne pas déjeuner à la cafétéria du lycée peut-être que je ne serais pas en train d’écrire en ce moment ! En effet, une autre lycéenne prenait aussi un repas de chez elle et je la voyais souvent dans les couloirs. Je lui ai demandé si on pouvait se retrouver le midi. Et rien que ça, ce n’est pas rien (ce n’est pas mon genre d’aller voir une fille que je connais à peine pour passer du temps avec elle) ! Rappelez-vous : moi, j’aimais bien la compagnie de mes bouquins ! Cette amie (c’est devenu une amie) était chrétienne mais nous n’avons pas parlé de la foi dans les premiers temps. D’ailleurs, ça m’aurait peut-être irrité. Encore une fois, Dieu s’y est bien pris (c’est un peu familier comme façon de dire les choses, mais vous voyez l’idée, Dieu est parfait dans ses œuvres), nous avions beaucoup de points communs, ce n’était pas difficile de se lier. Un exemple, j’aimais les activités manuelles, ça a été facile pour moi de me rendre pour la première fois à l’église pour un atelier bougies. Il n’y a avait pas de prédication, juste un atelier bougies, mais ça m’a permis de voir qu’une église, ce n’était pas forcément comme je l’imaginais.

Sinon, au fur et à mesure de nos déjeuners, nous avons plus parlé de la foi (je crois que le cours de philo était un pont, nous avions le même prof). Elle lisait une Bible et les auteurs que j’étudiais (les fameuses rencontres fictives de plus haut) citaient abondamment la Bible. Je commençais donc à être frustrée et limitée de ne pas connaître la Bible. Elle m’en a offert une. Je m’entends encore dire à l’intérieur de moi-même : « bon ce truc, c’est bon pour les références culturelles et pour mieux comprendre la pensée philosophique de certains auteurs mais Parole de Dieu, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin !». Puis, et là je ne sais plus vraiment comment ça s’est passé, petit à petit, j’ai commencé à me dire que ce petit bouquin, il avait peut-être plus de valeur que je ne le pensais.

Pascal parle de la misère de l’homme, mais aussi de sa grandeur.  L’homme est grand quand justement il a conscience de sa petitesse, de sa faiblesse. Et ça, ça résonnait en moi avec une parole de Jésus que je lisais et relisais : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »  En gros, si je comprenais bien, peut-être que je n’étais pas cantonnée toute ma vie à me dire que le monde était juste un truc rempli d’hommes ennuyés, incapables de tout Bien. Jésus innocent de tout péché avait été condamné à ma place pour que dans mon union avec lui je sois juste aux yeux de Dieu. Jésus était venu chercher tout ce qui était perdu. Ca me parlait…

Un soir, j’ai choisi d’accueillir ce don de Dieu en son Fils (je n’avais  jamais été foncièrement contre l’idée qu’il pourrait y avoir un Dieu Créateur, je n’étais pas ennuyée par le surnaturel depuis très jeune). Je me suis adressée à ce Jésus qui disait être venu pour les pécheurs puisque je me reconnaissais dans ce groupe. En fait, quand je parle de péché, j’entends surtout par-là une profonde conscience que ma nature était mauvaise, que j’étais dépravée par essence. Je ne pensais pas trop à des actes en particulier, je trouvais même que j’étais du genre fille sage.

Bref, avec le recul, je me rends compte qu’à ce moment-là j’avais surtout trouvé une réponse satisfaisante et cohérente à mes questions sur le sens de la vie. Je n’avais rien lu de plus pertinent que la Bible sur l’homme. Je m’étais repentie et c’était clair pour moi que c’était ce que j’avais à faire après avoir eu connaissance de l’Evangile. Mais j’avais aussi surtout adhéré à un système intellectuel qui répondait bien à mes questions (encore une fois, c’est avec le recul que je m’en rends compte).

Ce n’est qu’au bout des premières semaines qu’une relation s’est créée avec Dieu. En effet, avant je ne connaissais pas vraiment Dieu. J’avais été touchée par l’oeuvre de Christ mais je ne saisissais pas combien cela nous rapprochait du Créateur. Puis, j’ai commencé à mieux mesurer ce que cela voulait dire que Christ, c’était Dieu lui-même qui avait pris chair pour nous réconcilier avec lui. En lisant l’Ancien Testament, je comprenait mieux comment depuis toujours Il voulait cette alliance avec nous. J’ai passé du temps à observer Jésus (je veux dire ici lire les Evangiles comme si j’étais une observatrice des scènes). Et j’étais de plus en plus fascinée par le Christ, par l’homme radical que je découvrais. J’ai commencé à mieux me représenter qui était Dieu. Et plus je voyais qui était ce Dieu, plus je trouvais ça fou qu’Il veuille nouer une alliance avec nous, avec moi ! Et puis je suis allée de découvertes en découvertes, je vais encore de découvertes en découvertes d’ailleurs !

Je crois que ma prière est aussi révélatrice du chemin parcouru avec Dieu. Dans les premiers jours après ma conversion, j’avais beaucoup de mal à prier. Bien sûr j’étais reconnaissante, je disais merci à Dieu mais ensuite j’étais vite en manque de conversation (encore une fois c’est familier mais je trouve l’image parlante). J’avais tout ce qu’il me fallait. Je ne savais pas quoi demander ! C’est au fur et à mesure des jours que j’ai compris que la plus belle et la meilleure chose dont j’avais besoin et que je devais demander à Dieu, c’était de l’amour pour lui. Et croyez-moi, si vous demandez cela à Dieu, il vous le donne toujours. Dieu donne et fortifie la foi de ceux qui le lui demandent.

Souvent la question traditionnelle que l’on pose à ceux qui témoignent est : « Qu’est-ce qui a changé dans ta vie ? ». Je vais donc m’adonner à ce poncif ! En ce qui concerne mes activités, je crois que c’est toujours la même chose (je me lève le matin, je vais en cours, je mange, je travaille le soir, je lis, je vois des amis, je visite des expos… enfin la vie quoi). Mais je sais maintenant que toutes ces petites choses n’ont pas leur fin en elles. Je suis appelée à les réaliser d’une façon qui glorifie le Seigneur. Ensuite, dans les moments où ça ne va pas, je me rappelle que l’issue de chaque combat est certaine, c’est celle du Christ vainqueur de la mort en nous.

Surtout, je pense que l’accueil de Jésus dans mon existence m’a dépréoccupée de moi-même. J’avais un petit plan de vie très précis, je savais ce que je voulais et je n’aurais jamais accepté de ne pas le réaliser. Maintenant, je sais que j’ai été faite pour Dieu et que je n’ai pas à courir après quoique ce soit pour plus de bonheur (le bonheur, n’est-ce pas toujours le but de nos plans ?). J’ai vécu plein de belles choses dans ma vie avant de m’approcher de Dieu mais je peux vraiment dire que la vraie joie, celle qui dure, celle qui ne passe pas, c’est de donner la main à Jésus (même si la joie n’épargne pas la souffrance).

Je voudrais vraiment insister sur la présence de Dieu, sur la façon dont Il m’a cherché le premier. Je n’étais pas du tout déterminée par un quelconque contexte, familial ou autre, à me donner à Jésus.

PS/ Il y a plein d’autres penseurs qui m’ont aidée dans ma recherche de vérité et surtout plein d’autres personnes que celle citée… Mais je vous l’ai dit, je ne vais pas écrire un journal intime !

Peut-on "détenir la vérité"?

Lors d’une émission de RCF sur les évangéliques, le journaliste et auteur catholique Patrice de Plunkett a affirmé que "personne ne détient la vérité."

La phrase a suscité une vive réaction de la part d’une auditrice. Sur son blog, Patrice de Plunkett s’explique:

je ne vois pas en quoi on serait relativiste en disant que personne ne détient la vérité. L’idée de « détenir » la vérité n’est pas une expression de fidélité catholique. Au contraire: c’est une hérésie, peut-être la pire parce que la plus tordue.

La vérité n’est pas une chose, que l’on pourrait détenir. C’est une Personne, qu’il faut suivre.

Hors contexte, son affirmation que "personne ne détient la vérité" est choquante. Mais dans son contexte, cela se comprend. L’article est intéressant. J’aurais plutôt dit "personne n’est propriétaire de la vérité," pour plus de clarté. Et je ne suis pas certain que ce soit "la pire hérésie". D’autres me viennent à l’esprit. Mais globalement, je suis d’accord. Par ailleurs, c’est réjouissant d’entendre des catholiques parler de Jésus-Christ, plutôt que de dogmes d’église.

Évidemment, cela ne veut pas dire, que la vérité n’existe pas. Au contraire. La vérité est une personne. Plus on connaît le Jésus historique et biblique, plus on connaît la vérité. On n’est jamais propriétaires de la vérité. Car, Jésus est notre Seigneur, pas un iPhone. L’affirmation ne contredit pas le fait que certains sont plus proches de la vérité que d’autres. Elle dit seulement qu’on en est jamais propriétaire. La vérité existe indépendamment de notre connaissance et de notre volonté.

De Plunkett conclut:

Une vérité que l’on « détient » n’est plus une vérité : c’est une opinion. C’est le soleil prisonnier d’une basse-cour.

Et vous, êtes-vous d’accord avec son article?

Tout le monde veut être heureux! Pourquoi sommes nous si peu à l’être?

Au début de l’année 2009, j’étais pris par des crises d’angoisse pour les français. Je vois le peuple que j’aime courir après le bonheur. Ils courent dans toutes les directions en quête d’une réalité illusive. Tout le monde cherche à être heureux, mais peu semblent savoir à quoi ressemble le bonheur.
Laissez-moi vous raconter une petite histoire:
Supposons que dans un pays éloigné, une tribu meure de soif, car leur rivière est à sec. Ils parcourent le pays et apprennent que les rivières voisines sont aussi desséchés. Désespérés, ils ne savent pas comment faire, leurs quelques reserves ne tiendront plus longtemps! Alors un enfant assoiffé demande aux anciens: "ne pourrait-on pas boire l’eau du grand trou qui va au centre de la terre?" Ce grand trou est un puits très profond. On y trouve une eau claire et fraîche, mais depuis des générations, la tribu avait été enseigné qu’il ne fallait jamais boire l’eau des grands trous du centre de la terre.
Pourquoi cette histoire? Cette tribu ce sont les hommes. Nous recherchons le bonheur, mais pour une raison étrange, nous n’avons pas le droit de le recherché où il se trouve.

Tous les jours je lis les récits qui décrivent le Jésus historique. Toujours, je voudrais que la France connaisse cet homme. Je vois une soif énorme chez mes contemporains, mais la source d’eau à connotations "religieuse" est tabou, alors que seul Jésus peut remplir le gouffre de nos coeurs. Je vous y invite. Laissez tomber le préjugés, laissez de côtés les autres livres. Prenons une Bible et lisons ensemble l’évangile de Luc. Découvrons Jésus, l’homme dont tout le monde parle et que si peu connaissent. Découvrons l’homme qui s’écria: « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive!»

Du nouveau chez Raisons de croire: Pour en finir avec Dieu

Deux autres articles de Jonathan Kitt sur le blog, Raisons de croire

Pour en finir avec Dieu (3) – Science et religion sont-elles incompatibles?

Pour en finir avec Dieu (4) – La religion est-elle l’origine de tous les maux?


 

Le Darwinisme envers d’une théorie

Je viens de voir un livre de Jean-François Moreel qui me parait très intéressant:

Le darwinisme, envers d’une théorie

Lisez donc la synthèse du livre sur ce même lien. C’est très intéressant.

MAJ: Je conseil chaleureusement le livre de Behe:

La boîte noire de Darwin : L’Intelligent Design. Le livre qui a osé défier Darwin et provoqué la controverse